2 juin 2021

Poêle à bois bûche en rénovation performante ?

Bienvenue sur le blog de la rénovation performante ! Si vous vous posez des questions, vous y trouverez peut-être votre bonheur, au détour d'un article, d'un schéma, d'une photo. Bonne visite !

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Poêle à bois bûche en rénovation performante :

Comment concilier l'étanchétité à l'air avec la ventilation liée au tubage de boisseau existant ?

 

En rénovation pour remplacer un poêle à bois bûches par une solution étanche avec prise d’air extérieure, le boisseau est réutilisé parfois et tubé et la réglementation impose la ventilation de l’espace annulaire. Cela pose un problème d’étanchéité à l’air dans les rénovations performantes lorsqu’elle s’effectue depuis l’espace chauffé (un salon par exemple) vers l’extérieur. Le tubage ventilé est une solution jugée possible lorsque l’étanchéité à l’air (n50) du bâtiment recherchée est  3vol/h (la ventilation du tubage représente 8% de fuites), mais ce n’est pas une solution adaptée pour une étanchéité à l’air recherchée de 1vol/h.

Il faut dans ce cas privilégier un conduit double paroi isolé.

Solutions techniques

Dans les rénovations performantes (ainsi qu’en neuf), il est indispensable d’avoir une bonne étanchéité à l’air.

Une installation poêle à bûche peut être une très bonne solution mais qui nécessite que le poêle soit intrinsèquement étanche à l’air et possède une prise d’air extérieur indépendante de l’air ambiant pour alimenter la combustion en oxygène. Il existe de nombreuses marques et modèles de poêle de petites puissances qui possèdent ces caractéristiques.

Pour les poêles à bois buche le système « ventouse » n’est pas autorisé. Il existe principalement 3 configurations conduits et amenée d’air extérieur :

  • Les solutions de tubage dans un boisseau existant ventilé + prise d’air extérieur pour le poêle.
  • Un conduit double paroi isolé + prise d’air extérieure pour le poêle + plaque d’étanchéité en parte haute du conduit
  • Le conduit triple paroi incluant l’amenée d’air pour le poêle + plaque d’étanchéité en parte haute du conduit

 

Nous allons explorer le principe de ces 3 solutions et voir en quoi la solution de tubage peut poser un problème d’étanchéité à l’air du bâtiment du fait d’une obligation de ventiler selon le DTU 24.1 l’espace entre le tubage et le boisseau.

 

L’étanchéité à l’air des conduits en tant que tels ne pose pas de problème. Les conduits de raccordement émaillés (partie visible) et les conduits d’évacuations des produits de combustion (« conduit de fumée ») sont en tant que tels suffisamment étanches à l’air et aux fumées pour garantir la sécurité et qu’il n’y aura pas de fuite d’air vers le logement.

C'est au niveau des traversées de la paroi isolée qu'il peut y avoir un défaut d'étanchéité à l'air du bâtiment.

 

1. Les tubages de boisseaux existants

En rénovation le tubage des boisseaux et autres conduits maçonnés est une pratique courante. Le tubage non isolé qu’il soit flexible (double peau) ou rigide (simple paroi) est autorisé en France avec une obligation de ventilation de l’espace annulaire entre boisseau et tubage (minimum 20 cm² en partie basse et 5 cm ² en partie haute).

La ventilation est nécessaire et réglementaire mais pose un problème d'étanchéité à l'air du bâtiment dès qu'elle est réalisée entre le volume chaud et l'extérieur.

Parfois la ventilation basse se fait depuis une partie froide (dans les combles perdus par exemple ou depuis l’extérieur). Cela ne pose pas de problème d’étanchéité à l’air dans ce cas.

Lorsque le boisseau est en partie chauffée (par exemple maison de plusieurs étage), la ventilation basse est généralement en volume chauffé (à partir d’une grille dans le boisseau ou de la plaque de finition ventilée en faux plafond par exemple)

Cette ventilation réglementaire crée un défaut dans l’étanchéité à l’air du bâtiment.  C’est un « trou » dans l’enveloppe crée un handicap important quand on recherche une excellente étanchéité à l’air.

 

Les trous nécessaires pour la ventilation de l’espace tubage/boisseau représentent environ une surface 25% de l’ensemble des « trous autorisés » pour rendre étanche le bâtiment avec un n50 de 1 vol/h ! 

 

Il y aura nécessairement d’autres petits trous dans le bâtiment même avec toute la bonne volonté du monde (toiture, murs, réseaux électriques, réseaux de chauffage et de ventilation, dalle basse etc.). Une solution en boisseau ventilé impliquerait de tels efforts sur les autres postes pour atteindre une excellente étanchéité du bâtiment qu’il n’est pas réaliste d’utiliser ce système dans ce genre de rénovation performante. Ça laisserait trop peu de « marge » aux autres corps de métiers.

 

La solution du tubage avec une ventilation basse en volume chauffé est à éviter avec un objectif d’étanchéité à l’air de 1vol/h.

Il faudra privilégier des solutions étanches de conduit à double paroi isolés comme présentée ci-après.

 

Lorsque l’objectif d’étanchéité à l’air est 3 vol/h, le tubage et la ventilation du boisseau peut être une alternative envisageable pour des raisons économiques (représente environ 8% de la surface des « trous autorisés »). Si ce choix est fait, il est nécessaire d’être d’autant plus appliqué sur une mise en œuvre parfaite de l’étanchéité à l’air sur le reste du bâtiment pour être certain d’atteindre les 3 vol/h.

> Taille totale des trous « autorisés » sur l’ensemble du bâtiment (représentation à l’échelle)

Impact des infiltrations par la ventilation d'un tubage de boisseau sur le test d'étanchéité à l'air (surfaces de fuites équivalentes pour un test n50 = 1 vol/h ),

Exemple calculé sur une maison de 110m² et d’un volume de 275 m3 .

 

Par ailleurs, lorsque la ventilation est faite avec de l’air froid (VB en partie froide), il existe des tubages flexibles isolés qui permettent de limiter le risque de condensation et de respecter les distances de sécurité, selon les types de conduits.

Dans ce cas là, effectuer une prise d’air de ventilation basse depuis l’extérieur du volume chauffé et étanche (combles, traversée en pignons, canalisation étanche de faible longueur…) pose d’autant moins de problèmes de condensation et améliore sensiblement l’étanchéité à l’air générale du bâtiment puisque la ventilation du boisseau se fait uniquement avec de l’air extérieur.

 

2. Le conduit double paroi isolé + étanchéité en partie haute + amenée d’air extérieur vers le poêle

Quand une excellente étanchéité à l’air est recherchée (n50 < 1 vol/h), c’est un système à privilégier par rapport à une tubage de boisseau qui aurait une ventilation basse en volume chauffé.

Le conduit double paroi isolé

Le système d’étanchéité à l’air et isolant (ici le Coqisol de chez POUJOULAT )  est positionné entre la partie froide est la partie chaude.

Ok, pas de défaut d’étanchéité à l’air

 

 

 

Sur le schéma ci-dessus, maison à étage, lors de la traversée de l’étage, un coffrage classé au feu et ventilé (en haut et en bas) assure une protection mécanique du conduit isolé... La ventilation se fait du volume chaud vers le volume chaud et le la coquille isolante et étanche à l’air assure l’étanchéité à l’air du bâtiment.

 

Un poêle ou insert étanche à l’air avec une prise d’air extérieure sont les bienvenus dans une rénovation performante !

Ok, pas de défaut d’étanchéité à l’air.

3. Le conduit triple paroi, isolé comprenant l’amenée d’air extérieur vers le poêle

 

La solution triple paroi permet, grâce à des tubes concentriques, de générer l’amenée d’air et l’évacuation des fumées. La coquille isolante et la plaque d’étanchéité à l’air entre la partie chaude et la partie froide permettent de gérer l’étanchéité à l’air de la traversée.

Ces systèmes sont plus onéreux qu’un conduit double paroi isolé.

À part dans des certaines configurations spéciales, ces systèmes ne semblent pas plus pertinents que des conduits double paroi isolés. Ils peuvent être utiles lorsque le poêle est éloigné d’un mur extérieur (pour la prise d’air).

4. Encombrement de différents tubages et conduits

 

Dimension des différents conduits pour un diamètre intérieur pour poêle à bois de 150mm :